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Sans conditions mais conditionnel

Publié le par Catangèle-C

Ennio Morricone

Mes pas se fendent dans la masse et se maquillent. Travestissement du soi où l’apparence est en trompe l’œil. La raison ne me suit plus. Je ne sais même plus l’enfant que j’aurais pu être. Le temps dresse des repères, imbrique les émotions, renforce. Fragilité d’une certitude qui habite, mais qui ne vêtira jamais l’expérience.

Ici, c’est différent. Un espace sans forme dans lequel le fond sent ton visage. Une fragrance qui me console et me préserve. Malgré le silence dans l’éloignement, malgré l’absence dans l’absence. Un vide dans le vide qui laisse mes mots orphelins. Si le verbe n’ose plus d’extravagances, l’écriture devient sérum de Vérité qui subsiste. Si tristes qu’elles soient, mes pensées portent ma vie et m’éloignent d’autre part. De l’autre rive.

Comme si vivre ailleurs faisait naître un autre danger, un autre « sans toi ». Plus violent. Plus sombre. Plus éprouvant qu’avant notre printemps. Un autre hiver. Un autre temps qui, de ton toi, s’est vu périr. Tu fus ma naissance, mon droit, ma libération. Quel autre ailleurs saurait mieux mon âme ?

Ici, je te sens, je te goûte… Te caresse. Une dimension où le pouvoir n’a plus de nom. Un lieu où s’éveille l’enfant que je ne t’aurais jamais donné.Que nous n'avons jamais eu.

Il a tes mains. Il a ta bouche…

Il a tes silences.

Quand son regard m’échappe, je le sens.. là, jamais loin … si près, si vrai. Intériorité d’aimer. Comme si neuf mois dépassés ne l’avaient jamais séparé de cet aussi près, du tutoiement de nos âmes. S’il lit les Fleurs du Mal, il en cueille ses pétales.

C’est un garçon.

Celui que je n’ai jamais eu là-bas. Que je n’aurai jamais ailleurs.Il est ce rêve qui n'aura jamais eu le droit d'être... Sauf ici.

Si tu voyais son regard… Il a ton odeur mon âme.

Ici, le Nous s’apprivoise, s’éternise, sans autre égard que celui du vouloir. L’illusion d’un Avoir faisant l’amour à l’essence d’Être. C’est en somme, un prolongement qui m’éloigne de l’oubli , qui me défend, m’abrite et me rapproche de ces espoirs tus …. en vain, mais l’âme réaliste. Un lieu où pas un jour ne se passe sans toit.

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